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L'invité du week-end : Le père Bernard Planche...

Le père Bernard Planche est notre invité en ce week-end de Pâques. Il nous parle de la nouvelle campagne de communication lancée par l'Eglise catholique, du quotidien des prêtres, de son parcours personnel, et de ses occupations en dehors de l'Eglise. Il nous prouve qu'en dehors des engagements qu'il s'est fixé, il est un homme comme tous les autres...

Haute-Loire Infos : Le Diocèse du Puy vient de lancer une campagne téléphonique pour convaincre les fidèles de participer au Denier de l'Église, les comptes sont vraiment dans le rouge ?

Bernard Planche : Dans le rouge, pas tout à fait. C’est justement pour éviter qu’ils y arrivent que nous lancons cette campagne. Chaque mois, l’Église catholique de Haute-Loire doit payer les salaires d’une quarantaine de laïcs et d’une centaine de prêtres. Il y a des bâtiments à entretenir, des frais de chauffage, d’assurance, de photocopies et que sais-je encore… Pour tout cela il faut que nous trouvions les ressources. Se sont essentiellement les quêtes faites au cours des messes et le Denier, une contribution volontaire que les catholiques font chaque année à leur Église.

 

Haute-Loire Infos : Quel est le quotidien des prêtres, à quels frais, quelles dépenses, doivent-ils faire face ?

 

Bernard Planche : Les dépenses d’un prêtre ne diffèrent pas de celles de n’importe quel français : se nourrir, s’habiller, la voiture, un peu de loisir… Un prêtre, en Haute-Loire, touche à peu près mille euros par mois. La paroisse ou le diocèse met un logement à sa disposition mais il paie les charges (chauffage, électricité, eau, téléphone…)

 

Haute-Loire Infos : Selon vous, pourquoi donne t’on moins aujourd’hui ? 

 

Bernard Planche : Je ne crois pas que l’on donne moins. Les altiligériens sont même plutôt généreux. Mais les sollicitations sont multiples, il suffit d’observer le contenu des boîtes aux lettres pour s’en rendre compte. Pour ce qui est du Denier de l’Église, nous parvenons à le maintenir en suivant à peu près l’élévation du coût de la vie. Mais nos dépenses augmentent plus vite : les frais de chauffage ont explosés ces derniers temps. Le nombre de laïc salarié par le diocèse a également cru rapidement : leurs salaire est plus important que celui des prêtres, la masse salariale a donc cru assez fortement. Les bâtiments que nous utilisons sont souvent anciens : les travaux sont donc indispensables et les mises aux normes pour pouvoir accueillir du public sont de plus en plus dispendieuses. C’est pour cela que nous devons trouver de nouveaux donateurs. Un catholique sur trois seulement participe au Denier de l’Église. Nous devons leur faire comprendre que l’Église ne vit que des dons de ses fidèles, qu’elle ne touche aucune subvention ni de l’État ni du Vatican et que chaque don, même minime, est important.

 

Haute-Loire Infos : Comment peut-on faire aujourd’hui pour attirer plus de monde dans les églises, et pour attirer, notamment, plus de jeunes ?

 

Bernard Planche : Le but n’est peut pas d’abord de les attirer dans les églises que de leur faire découvrir la Foi, de leur faire découvrir que Dieu existe, qu’il les aime, et qu’il veut, par Jésus-Christ, leur partager sa vie. C’est cela le plus important. Pour y parvenir il faut sans doute que les catholiques, et plus largement les chrétiens, soient de meilleurs témoins encore de cette foi. Il faut sans doute aussi que nous aidions notre société à comprendre que cette course perpétuelle à l’argent, à l’individualisme, à la consommation, à la compétition, est contraire au vrai désir de bonheur qui nous habite tous. Il faut aussi que nous montrions que les caricatures de la religion qui circulent sont fausses. Ainsi, sur le problème de la pédophilie, on a parfois l’impression que les prêtres sont les plus concernés : en fait, les personnes ayant autorités, qui comprennent les prêtres mais aussi les enseignants, les éducateurs, ne représentent que 3% des cas de pédophilie.

 

Haute-Loire Infos : Quelles sont les questions que l’on se pose lorsque l’on a décidé de devenir prêtre ?

 

Bernard Planche : Les mêmes je pense que celles que se pose quelqu’un qui doit prendre un choix important dans sa vie : est-ce que je ne me trompe pas, est-ce je vais tenir le coup… Cela dit nous prenons six ans de formation pour y réfléchir et nous ne sommes pas seuls pour discerner. La foi, la prière nous soutiennent pour rester fidèles à nos engagements, et aussi la fraternité entre nous et avec les catholiques de nos communautés.

 

Haute-Loire Infos : Parlons de vous à présent, qu’auriez-vous aimé faire professionnellement, si vous n’aviez pas choisi la voie que vous suivez aujourd’hui ?

 

Bernard Planche : J’ai pensé à être journaliste ou à la fonction publique territoriale. Mais le désir de devenir prêtre est né assez tôt.

 

Haute-Loire Infos : Quelles sont vos occupations favorites lorsque que vous avez du temps libre en dehors de l’église ?

 

Bernard Planche : J’aime lire, aller au cinéma, regarder la télévision, écouter de la musique, rencontrer des amis et ma famille, j’aime la mer et le soleil…

 

Haute-Loire Infos : Qu’aimez vous regarder à la télévision, quels sont vos films cultes au cinéma, et quel type de musique appréciez-vous ?

 

Bernard Planche : Je suis beaucoup moins télévore qu’à une époque. J’aime les films, les séries américaines, (NCIS, Desesperate Housewives, les Experts…). Je n’ai pas vraiment de film culte : le dernier que j’ai vu est « le discours d’un roi » et je l’ai trouvé très bon. En musique je suis plutôt branché musique classique, mais j’aime aussi le Jazz, James Blunt ou Thomas Fersen.

 

Haute-Loire Infos : Quelle est la différence entre un homme d’église et un homme tout court ?

 

Bernard Planche : Aucune, sauf peut-être le célibat, et encore, il parait qu’il y a de plus en plus de célibataires dans notre pays.